REPORTÉ

[12 mars à Malraux/La Base, 19H] « Qui veut la mort de l’ONU ? »

Qui veut la mort de l’ONU ? du Rwanda à la Syrie, histoire d’un sabotage

Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde diplomatique nous déclare : « La faillite du distributeur de presse Presstalis (ex-NMPP) qui distribue le journal, nous laisse une ardoise de plusieurs dizaines de milliers d’euros, probablement bien davantage. En tant que membre du directoire du Monde diplomatique, je suis réquisitionnée pour trouver une solution à ce qui est un accident industriel sans précédent dans la presse. Nous allons probablement repousser la sortie du prochain numéro et cherchons dans l’urgence un autre distributeur. »

Qu’en est-il de ce formidable rêve que De Gaulle, Churchill et Roosevelt ont mis au monde au sortir de la dernière guerre ?

Dans un monde qui se déchire, de nombreuses guerres ont cours. Les nations, au sortir de la 2ème guerre mondiale, constatant l’impuissance de la Société des Nations (SDN) ont décidé de créer une instance mondiale pour prévenir et éviter les guerres. Cela fonctionne-t-il ?

À l’occasion de la sortie du livre majeur d’Anne-Cécile Robert, elle accepte de nous le présenter à Chambéry. Jean Ziegler, figure importante de cette institution devait venir y apporter son expérience. En particulier son éloge de Boutros Boutros-Ghali, paru dans son ouvrage « Chemins d’espérance : Ces combats gagnés, parfois perdus mais que nous remporterons ensemble », à lire dans le Monde diplomatique. (lire ici). Jean Ziegler est invité à venir présenter son actualité éditoriale « Lesbos, une honte de l’Europe », dans un avenir proche à Chambéry.

Il nous parlera aussi du témoignage qu’il vient de faire paraître sur les camps européens, situés en Grèce et où les conditions de vie sont effroyables, pas au niveau attendu d’humanité des États européens. Cf. fin d’article

interview de Jean Ziegler sur Chemins d’espérance

résumé du livre

L’ONU, coquille vide ou agence humanitaire? Créée en 1945 dans le contexte de l’après-guerre afin de préserver la paix, cette organisation a aujourd’hui mauvaise presse, d’autant que, sur le terrain, sa puissance s’affaiblit.

Qui est responsable de cette déliquescence? Les membres permanents du Conseil de sécurité, qui ont préféré préserver leurs intérêts au sein des directoires du G7 et du G20? Les partisans de l’ultra-libéralisme et du profit? Ou encore les dirigeants médiocres, sans envergure et sans vision, qui accèdent aux plus hautes responsabilités de démocraties moribondes ?

Pourtant, il faut sauver l’ONU, seule institution capable d’organiser un monde en plein bouleversement où menace la guerre. Mais comment ? C’est à ces questions sensibles que deux spécialistes, Romuald Sciora et Anne-Cécile Robert, tentent de répondre dans un essai documenté, bâti sur quinze ans de recherches et d’enquêtes auprès des instances onusiennes.

Anne-Cécile Robert, en présence de Jean Ziegler

Toutes les interventions de cette séance (Jean Ziegler en (5) pour les curieux)

Anne-Cécile Robert est journaliste, spécialiste des institutions européennes, de l’ONU et de l’Afrique, membre du comité de rédaction et du directoire du Monde diplomatique. Elle dirige par ailleurs le réseau des éditions internationales du Monde diplomatique. Elle s’intéresse particulièrement aux systèmes politiques et à la démocratie, ses limites et son fonctionnement. Docteur en droit européen, elle est également professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII.
Romuald Sciora, spécialiste franco-américain de l’ONU et des relations internationales, est l’auteur de plusieurs ouvrages co-publiés par les Nations unies. Il est la seule personne à avoir pu interviewer à plusieurs reprises les cinq derniers secrétaires généraux de l’organisation. Ancien président du French-American Global Forum, il vit aux États-Unis où il collabore avec le magazine Foreign Affairs et la New York University.


Jean Ziegler vient de faire paraître un témoignage sur les horreurs des camps, créés par l’Europe pour bloquer l’immigration.

En mission pour l’ONU, Jean Ziegler s’est rendu en mai dernier à Lesbos, cette île grecque qui abrite le plus grand des cinq centres d’accueil de réfugiés en mer Égée. Sous la haute autorité de l’Union européenne, plus de 18 000 personnes y sont entassées dans des conditions inhumaines, en violation des principes les plus élémentaires des droits
de l’homme. Le droit d’asile y est nié par l’impossibilité même dans laquelle se trouvent la plupart des réfugiés de déposer leur demande ; le droit à l’alimentation, quand la nourriture distribuée est notoirement avariée ; le droit à la dignité, quand les rats colonisent les montagnes d’immondices qui entourent le camp officiel, quand les poux infestent les containers dans lesquels les familles doivent s’entasser ; les droits de
l’enfant, quand la promiscuité livre les plus vulnérables aux violences sexuelles et les prive, bien sûr, de tout accès à l’éducation. La honte de l’Europe.

Pour la plupart, ces réfugiés sont venus d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan, d’Iran. Ils évoquent ici leur long calvaire : la torture, l’extorsion, le pillage, les passeurs infâmes, les naufrages, les familles décimées, les tentatives de refoulement de Frontex et des garde-côtes grecs et turcs. Les responsables du camp disent leur point de vue, les militants des organisations humanitaires expliquent les obstacles qu’il leur faut lever au quotidien pour sauver des vies. Le dossier est accablant. Jean Ziegler s’indigne, alerte et exige.

Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation entre 2000 et 2008, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme jusqu’en 2019, Jean Ziegler est aujourd’hui conseiller du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Il a publié de nombreux essais à succès, traduits en plusieurs langues, et notamment, au Seuil en 2018, Le Capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin).